| MESSAGGIO
DEL MOVIMENTO SURREALISTA ALL'OFFICINA 11 - PARIGI 03/12/1964 |
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La
poésie dans ses meubles
Nous en restions à cette exquise "fantaisie en
prose": Le Meuble, de
Charles Cros, où la nostalgie confine, d'ailleurs,
à l'anticipation: "On est
dupe de cela, on se dit: c'est un meuble et voilà tout,
on pense qu'il n'y a
rien derrière les glaces que le reflet de ce qui leur
est présenté. -
Insinuations qui viennent de quelque part, mensonges soufflés
à notre
raison par une politique voulue, ignorances où nous
tiennent certains
intèrets que je n'ai pas à definir...".
Ces mensonges sont prècisèment ce
que Fabio De Sanctis et Ugo Sterpini ont réussi - c'est
là un événement
considérable - à prendre au collet. Par eux
le "mystère du meuble" n'est
plus seulement là fuyant comme une ombre: il s'assure
la part du lion dans
sa conception et sa construction memes.
Je tiens tel "buffet à cristaux exécuté
en noyer, à rayons intérieurs,
panneaux Fiat 600 première série",
réalisé pour Venise dans l'intention
primordiale d'y faire claquer pour la première fois
des portes d'automobile,
pour une des Merveilles du monde d'aujurd'hui. Telle profession
de foi de
ses auteurs: "Notre synpathie va à l'erreur, au
geste gauche et maladroit
qui détermine les contrariétés imprévues..."*
pourrait constituer le
manifeste surréaliste de la "Philosophie de l'ameublement".
| Paris, 3 décembre
1964 |
André
Breton |
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*Cfr. Officina 11, Catalogo
n.1, Roma, 1963/64. |
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